Isupnat, Institut Supérieur de Naturopathie à Paris

Biocontact n° 219 – décembre 2011
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A votre santé !

N’est-ce pas là la formule consacrée au début d’un repas de fête ? Elle peut sembler paradoxale, dès lors qu’un repas festif est plus difficilement digeste car trop riche, constitué de nombreux mélanges, et… bien arrosé. Ce qui ne manquera pas de se traduire par des lendemains de fête difficiles…

Il serait bien dommage que quelques heures de plaisir partagées avec famille et amis ne soient gâchées par un réveil nauséeux, des ballonnements intestinaux et plusieurs jours de troubles du transit ! La santé n’impliquerait-elle jamais aucun écart ? Comment gérer ce paradoxe ? La meilleure solution consiste à bien s’y préparer, à savoir gérer l’événement dans la joie et enfin à accompagner son corps vers le nécessaire retour à l’équilibre.

Avant le repas de fête

La santé se pratique au quotidien et se construit au jour le jour. Il appartient à chacun de prendre soin de soi, de cultiver au mieux son terrain tel un jardinier de la vie. Depuis plus de 2 000 ans, la naturopathie préconise des règles d’hygiène de vie claires et logiques, à savoir les cinq principes de santé définis par Hippocrate : se nourrir sainement, se recharger en énergie, éliminer régulièrement ses déchets métaboliques, alterner exercices et repos, dominer son mental.
Ces règles d’hygiène de vie gardent toute leur actualité.
La santé suppose d’avoir suffisamment d’énergie pour permettre à l’organisme d’assurer toutes ses fonctions. Une hygiène de
vie satisfaisante permettra d’aborder le repas de fête dans les meilleures conditions de vitalité possible, en se donnant une marge de manoeuvre suffisante par rapport au petit écart envisagé. Elle visera en particulier à éviter une surcharge du terrain, à maintenir un potentiel digestif au meilleur niveau et à s’assurer que les capacités émonctorielles de l’organisme ne soient pas dépassées. Courrez-vous un sprint après avoir fait un marathon ? Le système digestif étant le premier à être sollicité, il conviendra de l’avoir suffisamment ménagé avant le jour J. Aucun organe ne peut fonctionner à plein régime 24 heures sur 24. Le mettre au repos suppose donc d’avoir parfaitement digéré dans les jours qui précèdent et d’avoir pris le soin de le mettre au repos quelques heures avant. Préférez un repas très léger, constitué par exemple de légumes ou de fruits.

Limiter les excès

Cela suppose de bien se connaître et tout particulièrement ses propres capacités digestives : jusqu’où peut-on aller pour que cela reste un plaisir et ne se transforme pas en un enfer digestif ?
Pour mettre toutes les chances de votre côté, mettez en pratique quelques règles simples :
- Bien démarrer le repas en restant vigilant sur l’apéritif. Privilégier les mises en bouche à base de crudités (riches en vitalité et en enzymes digestives) de préférence aux habituelles chips, cacahuètes et gâteaux d’apéritif. Eviter de consommer de l’alcool dans un estomac vide où il fait le plus mal et affaiblit le potentiel digestif pour le reste du repas.
- Préférer le champagne pendant le repas et non en dessert afin de ne pas accélérer la vidange prématurée de l’estomac, le café aura un effet similaire.
- Ne pas abuser de pain en cours du repas, qui alourdit considérablement la digestion.
- Préférer une crème dessert à une salade de fruits frais, cette dernière pouvant favoriser des fermentations stomacales.
- Pour ceux qui présenteraient des insuffisances digestives et qui ne pourraient éviter les mélanges faits au cours du repas (notamment protéines animales, céréales et aliments sucrés), un complément sous forme d’enzymes digestives, le plus souvent à base d’extraits végétaux (comme la papaye), destinés à scinder les protéines, pourra être utile pour soutenir la digestion.

Le lendemain…

L’erreur serait de se culpabiliser et de prendre des mesures drastiques, en pensant compenser un excès par un autre. Sourire à la vie, s’accorder en conscience ce petit écart et décider de prendre soin de soi. Il conviendra dès lors de favoriser un retour à l’équilibre par la reprise d’une hygiène de vie un peu plus stricte pour faciliter la désintoxication de l’organisme et revenir à un niveau de vitalité optimale. Le repas de fête a demandé beaucoup de travail à notre système digestif : plus on mange, moins on digère, et plus les digestions sont longues, plus les organes digestifs travaillent en continu et moins la recharge digestive peut se
faire. On veillera donc tout particulièrement à alléger le plus possible les repas de la journée suivante :
- Ne pas hésiter à supprimer le petit déjeuner du lendemain, surtout si on n’a pas faim. Encore une fois, savoir écouter son corps : une absence d’appétit le matin indique que le système digestif travaille peut-être encore à la digestion de la veille et ne serait pas en mesure de gérer le nouveau flux d’aliments. Prendre à la place une infusion de menthe, de réglisse et de romarin.
- Alléger le déjeuner et le dîner en optant pour une monodiète de légumes mi-cuits et de jus de légumes frais. Une telle combinaison de légumes cuits et crus, sous une forme solide et liquide, apportera de nombreux avantages : elle évitera les digestions longues. Riche en enzymes, elle permettra d’économiser, voire de reconstituer les capacités du pancréas et du
foie. Elle permettra de stimuler le péristaltisme intestinal et d’assainir, cicatriser et modérer les inflammations de la muqueuse intestinale.
Seule l’activité physique permettra d’améliorer la circulation des liquides du corps et, de ce fait, de désintoxiquer l’organisme en profondeur en activant l’ensemble des émonctoires (foie, reins, peau, intestins et poumons). Elle permettra également de renforcer les brassages et péristaltismes digestifs. Enfin, elle permettra de soulager le mental (pour ceux qui auraient tendance à trop réfléchir aux excès de la veille…) et produira une augmentation des dépenses énergétiques qui brûleront les
excédents de sucres et de graisses. Le repas de fête est généralement synonyme d’une nuit écourtée et insuffisante en heures
de sommeil pour se recharger. Il conviendra dès lors de se coucher plus tôt les jours qui suivent et de ne pas hésiter à pratiquer l’art de la sieste.

Conscience et équilibre

Naturopathie, plaisir et convivialité peuvent parfaitement se concilier. La santé est un art d’équilibre et de mieux-vivre. Si elle suppose que le naturopathe accompagne la personne venue le consulter, en éveillant sa conscience santé, elle consiste également à comprendre…

Frédéric Boukobza.
Praticien de santé naturopathe, directeur de l’Institut supérieur de naturopathie (Isupnat).
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